La démarche

Là où je suis

En tant qu’individu, je suis animé d’un désir de comprendre. Comprendre l’humain que je suis, l’humain en général. Une curiosité qui m’accompagne et qui colore ma recherche artistique : Ce qui fait sens pour les humains ! Ce désir de comprendre, d’apprendre et ma curiosité m’ont amené une réflexion sur mon émotion, et développer une pensée autour des questions : Comment s’inscrire harmonieusement dans la relation au monde ? Comment être ? Comment faire pour être ?

En tant qu’artiste, je tente de répondre à ces questions à travers le langage qui est le mien : Le mouvement …

Resurgissent les thèmes de l’identité, de notre relation à soi, à l’autre, du changement, et il s’agit pour moi d’affirmer les possibilités d’évolution et de transformation dans nos « accords / désaccords ». Je préfère témoigner de ma désapprobation sur les désordres humains par la non violence, car l’Humanité me va ! J’entends : Qu’est-ce qui fait qu’on est humain? Qui est-on? Qu’est-ce qui nous anime? Qu’est-ce qui nous touche ? Qu’est-ce qui nous transforme, nous fait grandir , en mieux ou en pire ? Où sont nos désordres et quelle évolution pour les humains que nous sommes ? Dans cette complexité, ce chaos, du monde et de soi dans le monde (les autres), où sont nos décalages ? De quoi témoignent-ils ? Qu’est-ce qu’ils nous font faire ?

Je suis allée à la recherche d’outils d’analyse du monde et des individus qui le composent. Les formations sur le mouvement que j’ai pu suivre (Analyse Fonctionnelle du corps dans le Mouvement Dansé et Méthode Feldenkrais) m’ont éclairé quant à l’image de soi et les implications sur les comportements. Elles participent au regard que je porte sur l’inscription de l’individu dans sa relation au monde. Les expériences que j’ai pu faire en théâtre, en danse et l’activité d’enseignement parallèle à la création m’ont amené d’autres réponses.

 

Là où je vais…

Aujourd’hui, en tant que chorégraphe, je poursuis ma recherche au travers de la création et souhaite développer un travail autour de l’émotion, une prise de conscience de soi dans notre relation au monde. Essayer de comprendre et dénoncer les disfonctionnements en construisant un travail sensible, en demi-teintes, autour de la vulnérabilité, du doute, accords et désaccords, un questionnement pour affirmer notre état d’humanité.

Sophie Quénon / Septembre 2002

« Une société d’hommes et de femmes ayant une plus grande conscience de soi serait une société qui œuvre vers la dignité humaine de ses membres plutôt que d’abord pour la notion abstraite collective de société humaine. »

Moshe Feldenkrais