Tentative d'autoportraits

Quelque chose de très simple

Quelque chose de très simple I 2015
Conception : Sophie Quénon
Soli en regard I 1#2  (32mn)
Distribution : Flora Pilet (Sophie Quénon), Wu Zheng

Quelque chose de très simple – Tentative d’autoportraits

Le désir de travailler sur l’autoportrait vient de l’écoute d’une interview de Marguerite Duras tirée du « Ravissement de la parole ». Sa voix, son rire, ses mots chargés de sens, sa liberté de penser et de sentir m’ont touchée et questionnée.

Il y a aussi cette citation de Marguerite Duras « … mais parler des problèmes de l’humanité, cela ne veut rien dire : la bataille incessante, jour après jour, on la mène avec soi, par la tentative de résoudre son irrésolubilité. »*

*LA PASSION SUSPENDUE I Entretiens avec Léopoldina Pallotta della Torre – Ed. SEUIL

Tentative d’autoportraits, incarnée successivement par une figure masculine puis féminine, est une création qui ouvre la discussion.

La gestuelle est tout ce qui compose les présences sur scène. C’est un questionnement, un voyage contemplatif proposé aux spectateurs à travers quatre moments significatifs : La question de l’autoportrait aujourd’hui (selfie), le corps en difficulté (une marche impossible), un non-regard qui invite à projeter sa propre vision de l’autoportrait et enfin un regard où on se laisse voir et qui est un moment d’échange entre les spectateurs et les personnes au plateau.

Cette difficulté à être debout, à subir la loi de la gravité, cette fuite du regard sur la question de l’autoportrait, c’est s’esquiver comme si on n’arrivait pas à se raconter, c’est la quête incessante dans nos solitudes.

La proposition, dans le regard du spectateur, contient tout ce qui n’est pas vu, c’est-à-dire qu’elle laisse la place d’imaginer des choses qui ne sont volontairement pas données.  Présence – Absence, dans le manque, dans nos vides, c’est au spectateur de remplir….

Pourquoi autoportrait plutôt que solo, c’est tout le questionnement. Probablement né du côtoiement avec l’œuvre de Marguerite Duras qui, de plusieurs points de vue, a réécrit son histoire au fil de ses romans.

Mon attirance pour l’intime, « le discret et le fragile » a fait le reste. J’envisage la création autour de cette notion d’autoportrait comme fiction, réécriture de soi, une figure de l’intime, de l’intériorité.  En regard de l’image des selfies, d’internet, donner de l’indicible aux personnages sur le plateau.

Sophie Quénon

 » Chez Marguerite Duras, l’émotion est nue, tellement nue qu’elle en devient déconcertante… »

                                                                                       Reprise de rôle en 2016 avec Flora Pilet

© Claude Boisnard

© Claude Boisnard

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© Claude Boisnard

LA MUSIQUE

Privilégier l’espace « entre », la sensation du vide, le temps suspendu : enregistrement de voix off, quelques musiques et du silence.

ACDS I Qque chose de très simple -Tentative d’autoportraits I Cie dernier soupir 2015

Production : ACDS – Cie dernier soupir
Co-production : Théâtre de Saint-Lô (50)
studio le Regard du Cygne (75) au titre de la permanence artistique et culturelle
Soutiens :
SEPT CENT QUATRE VINGT TROIS – Cie 29×27 (44)
CCN de Caen / Basse-Normandie / Direction Alban Richard (14)
Accueil d’artistes en résidence / TEEM (Territoires d’écriture en mouvement) (29)

La Cie dernier soupir est associée aux Ateliers Intermédiaires, conventionnée par le Conseil Régional Normandie, soutenue par la DRAC Normandie, le Conseil Général du Calvados et la Ville de Caen.